Réseau des Femmes du Fleuve Mano pour la Paix

Mano River Women’s Peace Network

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Le REFPMAP est récipiendaire du prix des
Droits de l'Homme des Nations Unies 2003

Le REFMAP participe à la création de Réseau des Femmes Face au SIDA

Le Réseau des Femmes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA (REFIAGUI) a été lancé lors d’un atelier du 3 au 5 novembre 2004 à Conakry organisé par le Secrétariat exécutif du Comité national de lutte contre le SIDA (CNLS) en collaboration avec l’Union Européenne, l’ONUSIDA et la Fondation Mama Henriette Conté. Le REFMAP est l’un des dix membres fondateurs de ce réseau, qui vise à mobiliser les femmes d’agir dans la lutte contre le VIH/SIDA. Ces membres comprennent des ONG de personnes vivant avec le VIH/SIDA ; l’Association des Femmes Juristes ; les ONG qui lutte contre la propagation du VIH ; le Ministère des Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l’Enfance ; et la Fondation Mama Henriette Conté.

Les objectifs du REFIAGUI incluent :
- mobiliser les personnes infectées et affectées ;
- renforcer l’assistance pour les malades ;
- faire des campagnes de sensibilisation ;
- faciliter les échanges d’expérience ;
- mettre en place un réseau des femmes vivant avec le VIH/SIDA ;
- faire la plaidoyer ;
- faciliter l’accès à la recherche et l’emploi et d’opportunité pour les malades; et
- renforcer des capacités de formation et d’alphabétisation pour les malades

Bien que le Réseau se consacre à l’aide pour les malades ; il va également lutter contre la propagation du SIDA en Guinée, où le taux de séroprévalence a monté en flèche de 1,5% en 1996 à 2,8 en 2001.

Mme Bernadette Kwegera, présidente de l’Association Ikambéré, une maison accueillante pour les femmes migrantes séropositives en France, a été invité par le comité d’organisation de l'atelier du REFIAGUI pour partager ses expériences avec ce réseau guinéen. Elle décrit la souffrance indicible de ces femmes et le déficit considérable de lieux d’écoute et de rencontres :

« Leur exclusion suit un processus particulier. Il existe des réactions d’exclusion, de rejet par leur entourage de celles qui révèlent leurs maladies. Une idée courante en Afrique et dans les communautés d’origine subsaharienne continue de faire d’une femme contaminée par le VIH une femme facile. »

Bernadette explique pourtant que même si les choses ont commencé à changer, car de nombreuses familles ont été touchées, pour beaucoup d’autres, une fille qui a le SIDA est une fille qui n’a pas été sérieuse. C’est ainsi qu’à partir de la dramatisation des pratiques et de modes de contamination, les malades peuvent être exclus. Elle note qu’il y a beaucoup de choses à faire dans ce domaine.

« Mais il y a aussi un phénomène d’auto-exclusion, d’intériorisation de stigmate, parfois avant même l’annonce de la maladie à la famille. Des femmes ayant appris leur séropositivité se maintiennent dans l’isolement. Au début, elles continuent de remplir leur rôle dans la structure familiale, puis elles se retirent peu à peu de toute vie sociale ; elles préfèrent vivre en dehors du monde et finissent abandonnées dans leur solitude. »

Bernadette parle de leur peur de dire un mot de trop, qui les exclurait et rappelle que c’est cette prise de conscience qui motive sa démarche.

« Quand j’ai compris le processus d’exclusion qui est subi par ces femmes, je me suis dis qu’il fallait créer un lieu d’écoute, de parole et de rencontres. Ainsi naît en 1997, l’Association Ikambéré, expression rwandaise signifiant la « Maison accueillante. »

Elle poursuit que c’est souvent au cours d’une grossesse, ou d’une hospitalisation pour une affectation opportuniste que la séropositivité au VIH est révélée.

« Ces femmes sont alors orientées vers Ikambéré par le réseau ville-hôpital ou d’autres associations de lutte contre le SIDA. Ici, elles peuvent se rencontrer ; pouvoir en quelque sorte former une famille, se soutenir. Elles rient, elles pleurent, elles s’entraident et parlent de leur maladie. »

Elle explique que certaines femmes, lorsqu’elles arrivent à l’Association pour la première fois, peuvent avoir peur. « Quelques-unes ne reviennent pas, mais beaucoup redécouvrent que leurs corps est digne de soins et d’attention. Cela les aide à reprendre toute leur place dans leur communauté d’origine, à affronter leurs difficultés quotidiennes pour reprendre pied dans la société. »

L’association est en général bien perçue par l’entourage immédiat des femmes. Elle reçoit parfois les maris ou les amis, mais Bernadette ne souhaite pas de mixité. « Si je me préoccupe du sort des femmes, c’est d’abord que je suis une femme. »

-- M’mah Guilavogui, Radio-Télévision Guinéenne

  
 

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