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VOIX DE LA PAIX
Le journal en-ligne du REFMAP: Les histoires, les témoignages, la poésie, et l’art du terrain

 



PARLES-EN
Les Voix de la Paix est pour, par et sur les travailleurs de la paix et des gens touchés par le conflit du bassin du Fleuve Mano. La publication vise à donner la parole à une gamme élargie des voix, surtout celles des femmes, sur la paix et le conflit. Le REFMAP souhaiterait recevoir le commentaire des lecteurs qui voudraient partager leurs avis, histoires, photos ou autres matériaux pour publication. Veuillez écrire au rédacteur du REFMAP à l’adresse suivante : info@marwopnet.org.

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UN CORTEGE DE MALHEURS

Quand claquent les bombes, les larmes tombent sur l'hecatombe. Voilà décrit le spectacle de la guerre. Elle n'epargne ni hommes, ni femmes, ni enfants, en devastant villages et cultures. Nous vivons dans un monde fou où la course aux armes devient monnaie courante. Alors, hommes et femmes du fleuve mano, battons-nous pour maintenir une atmosphère de paix et de bonheur dans notre espace vitale.
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Lanciné Sagno, secrétaire permanent de l'antenne du REFMAP à Lola

APPEL A LA PAIX
Femmes de la Mano River Union
Femmes d’Afrique
Je vous salue
Je vous applaudis
Pour tout ce que vous faites
Pour la paix dans notre sous-région
Je vous exhorte à poursuivre votre
Belle œuvre
Car vous avez réussi là où les hommes
Ont échoué
Poursuivez donc votre plaidoirie
Auprès de nos dirigeants
Pour qu’ils entendent raison
En se mettant d’avantage à l’écoute
De leurs peuples
Afin d’éviter à ceux-ci les affres de la guerre
Qui ont pour nom: réfugiés, déplacés, orphelins,
Famine, pauvreté, épidémie, destruction de l’environnement
Je vous supplie d’apporter votre expérience à la Côte d’Ivoire, au Congo, au Burundi, à l’Ouganda,
Au Soudan, à la Somalie. Bref partout ou en Afrique,
Les armes crépitent encore.
Ne dit-on pas souvent que ce que femme veut Dieu le veut?
N’est-ce pas vous qui perdez des mains et des enfants dans ces guerres fratricides insensées?
Assurément vous êtes les mieux indiquées pour instaurer la paix.
Assurément vous êtes les mieux indiquées
Pour instaurer la paix.
Donnez donc à l’Afrique la chance de sortir de son pétrin.
Donnez la chance à nos enfants de grandir
Et d’aller à l’école dans la sécurité et l’affection.
Donnez la chance à nos vieillards de
Transmettre leurs riches expériences aux
Générations montantes en toute quiétude
Donnez enfin la chance à nos forces vives
D’assurer leur mission de développement
De la patrie.
La postérité vous en sera éternellement reconnaissante.
-- M. Condé, l'antenne du REFMAP de Kindia


--Emmanuel Kolié, préfecture de Lola

POURQUOI MOI
Est-ce que je peux tuer dans un état normal? Pourquoi moi? Est-ce que j’arrive à me nourrir? Pourquoi cette violence sur ma vie? Ho, homme de Planète Terre! Est-ce un intérêt pour moi?

Je voudrais aussi être grand comme vous un jour. Et si je pouvais voter à mon âge, je voterais non à la guerre, la violence, l’impunité, la corruption, l’injustice, l’insécurité, et voterais oui au dialogue, à la justice, l’amour, la patience, et la recherche de la paix.
- Philippe Doualamou, Groupe Scolaire Tout pousse de Boiro, préfecture de Lola

 

 

 

TEMOIGNAGES

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Le dessin au-dessus est l'une des nombreuses illustrations évocatrices dans le manuscrit non publié « Une vicieuse agonie pour le pouvoir et les diamants de sang » par Sahar Gmp Fania, un réfugié léonais habitant à Conakry, Guinée.

L'année où M. Fania devait s'inscrire à l’université, il a perdu son père, tué par des rebelles. Au lieu de continuer ses études, il s’est impliqué dans les activités politiques en Sierra Leone. Comme président d'un groupe local de droits de l'homme, il a commencé par documenter les violations des droits de l'homme dans son pays, un projet qui s'est transformé en un livre illustré de 1.000 pages en quatre parties sur la guerre, ses causes et ses conséquences en Sierra Leone et au Libéria. M. Fania est venu en Guinée en 2000 pour échapper à la persécution politique et pour continuer ses recherches.

Questionner sur la signification du dessin en haut de page, M. Fania répond :

« le dessin dépeint 1992, la deuxième année de guerre, qui a commencé à nos frontières vers la capitale, Freetown. Cette année a été si sanglante et destructrice que nous avons finalement commencé à douter des changements que les rebelles avaient promis d’apporter. Nous avons compris que leurs intentions étaient loin de bâtir la Nation. Elle s'est avérée être une guerre égoïste faite par les seigneurs de la guerre pour s’accaparer des diamants et du pouvoir à tout prix. J'ai voulu documenter la guerre, pour montrer à nos enfants que la guerre n'est pas la solution. »

M. Fania, qui cherche une imprimerie pour ses manuscrits, peut être joint au sagampfa@yahoo.fr.
-April Thompson, MARWOPNET- Conakry

UN REFUGIE IVORIEN EN GUINEE

Le 21 septembre 2002 à Danané, nous avons été surpris par les bruits des rafales des rebelles et à l’instant nous avons pris la fuite. Dans cette fuite, certains amis ont été atteints par des balles perdues, je suis entré en brousse et sorti dans un village que je ne connaissais pas. Plus tard, ce village fut attaqué. Nous empruntâmes un véhicule mais malheureusement les rebelles nous ont bloqué le chemin.

Dans leur fouille, ils trouvèrent deux gendarmes qu’ils égorgèrent devant nous et toutes leurs familles. Arrivé dans un village <<Gnaglé>> j’ai fait deux jours pour me reposer. Le lendemain, les gens m’ont signalé aux rebelles qu’il y a un jeune bété dans leur village, alors j’ai pris la fuite pour une localité inconnue en marchant une nuit en brousse où j’ai rencontré des trafiquants qui partaient vendre le café en Guinée; j’en ai transporté jusqu’à Tounkarata, un village guinéen, contre 1500 CFA pour pouvoir manger après des jours de faim. Je vous affirme que j’ai perdu toute ma famille dans la guerre.
--Feri Aimé, un réfugié ivorien en Guinée

UN EX-COMBATTANT DE LIBERIA
Je ne souhaite plus la guerre; puisque vous insistez à ce que je parle, je vais vous relater certaines grandes lignes de mon passé.

En effet, le 28 décembre 1989 nous avons été surpris par une attaque armée en provenance de la Côte d’Ivoire détruisant le village de Karnplay où je vivais avec mes parents à l’âge de 15 ans. Mon père fut tué et ma mère fut prise par force pour servir de cuisinière aux rebelles.

Ne sachant pas où se trouvait le reste de ma famille, je me suis enfui pour la Côte d’Ivoire puis la Guinée en 1990 où j’ai rencontré un de nos voisins qui m’a annoncé la mort de ma mère à la suite d’atrocités. En 1991 je suis allé en Sierra Leone en compagnie d’un ami pour être recruté dans un mouvement armé pour combattre les forces de Charles Taylor.

J’ai combattu pendant deux ans dans le mouvement en détruisant tout sur notre passage. Je ne peux pas détailler les cruautés du terrain ; en ce moment je n’étais pas normal. En 1993 j’ai reçu mon grand frère qui me cherchait dans les maquis et qui m’a fait revenir en Guinée où je vis actuellement au camp de réfugiés de Lainé.
-Vafing Chérif, ex-combattant de l'ULIMO au Libéria

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__Vafing Chérif, ex-combattant du Libéria, Feri Aimé,
__un réfugié ivorien, & Lanciné Sagno, secrétaire
__permanent de l'antenne du REFMAP à Lola



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