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VOIX DE LA PAIX
Le journal en-ligne du REFMAP: Les histoires, les témoignages, la poésie, et l’art du terrain

 




LA SOCIETE MAO MAO

C’était un grand plaisir de représenter le Réseau dans un séminaire sur « jeunes en transformant les conflits » à Freetown, Sierra Leone le 18 - 29 avril 2004, assisté de plus de 45 jeunes Africains. Le séminaire était la suite d’un cours par Internet organisé par l’Union du Réseau des Jeunes oeuvrant pour la Paix. Nous avons eu l’opportunité d’échanger des expériences et d’apprendre de nouvelles compétences dans la transformation des conflits que nous comptons utiliser au sein de nos organisations et de nos communautés.

Une partie du séminaire comportait des visites sur le terrain, des lieux importants comme les centres de développement communautaire pour mieux apprendre de nos jeunes camarades léonais.

Un autre endroit était le centre de développement communautaire « Firestone ». Ce centre était autrefois une cachette pour les criminels notoires, mais aujourd’hui il vante d’une transformation remarquable et symbolise l’espoir pour la jeunesse de non seulement Sierra Léone, mais aussi de toute l’Afrique.

Un jeune membre de la communauté et de la société « Mao Mao » nous a raconté son histoire:

« Je suis né ici il y a 30 ans. Mon grand-père était l’un des plus grands voleurs de ce pays. Il s’est marié avec ma grand-mère, la fille d’un autre voleur, et ils ont eu des enfants. Mon père a grandi dans cette communauté et est devenu l’un des criminels notoires. A ce temps-là, tout le monde dans les criminalités. Leurs enfants ont suivi les mêmes pas que leurs parents; seule la mort était la retraite finale de ce jeux. Moi aussi, j’ai grandi dans cette communauté comme un criminel. Nous sortions la nuit pour nos opérations et nous reposions la journée, en fumant marijuana et buvant de l’alcool. Mais je remercie Dieu parce que aujourd’hui je suis un citoyen changé et responsable.

Après la guerre, nous les jeunes, tout en fumant marijuana dans notre ghetto, avons commencés à discuter de nos problèmes. Je ne peux pas tellement expliquer comment Dieu nous a inculqué cette pensée positive, mais à partir de ce jour nous avons décidé à changer notre comportement au sein de la communauté.

Nous avons commencé à planifier et mobiliser des ressources parmi nous. Nous avons trouvé un enseignant et avons transformé notre case de ghetto en une école. Le professeur, un jeune aussi, a enseigné à nos enfants gratuitement. Nous avons commencé des projets de développement communautaire, en apprenant la saponification, la menuiserie, etc. Cela n’a pas été facile de changer la communauté, mais aujourd’hui notre école a plus de cent élèves non seulement de notre communauté mais aussi des communautés alentour, bien qu’au début les gens de l’extérieur avaient peur de envoyer leurs enfants à notre école.

Actuellement je lave et repasse les habilles pour des clients. Je vis et je soutiens ma petite famille avec ce travail. Ma femme fabrique et vend du savon. Nous avons trois enfants. Le plus grand a sept ans et il va à l’école. »
J’ai été choqué quand on nous a montré un petit bâtiment qui était leur lieu de rencontre, « la Maison de la Société Mao Mao ». Seuls leurs membres, qui commémorent chaque fin d’année ici, pouvaient entrer dans cette maison.

Cet endroit m’a rappelé mes jours à l’école, où nous avons appris sur la Société Mao Mao.

En bref, cette société a été créée en Kenya pendant le règne noir du Mouvement UHURU qui a lutté pour l’indépendance Kenyane. Le Kenya, sous cette gouvernance noire, a essayé de renverser non seulement les maîtres blancs, mais aussi les colons blancs qui ont occupé les terres Kenyanes et qui ont essayé de s’intégrer dans la société Kenyane comme les Africains blancs.

Bien qu’ils opéraient sous un mouvement guérilla qu’on décrit aujourd’hui comme le terrorisme contre les blancs au Kenya, les membres de la « Mao Mao » qui exécutaient ces activités étaient considérés comme des patriotes du Kenya.

Maintenant, de l’autre côté du continent Africain, un autre type de société « Mao Mao » est apparue, avec le centre de développement communautaire « Firestone » à Freetown. Le nom « Mao Mao » utilisé par ce centre exprime la détermination et la volonté d’un groupe maltraité de jeunes d’aller d’une existence négative à une vie positive à travers le travail désintéressé pour une meilleure société.

Comme la communauté de Firestone nous l’a montré, construire une culture de paix est un processus graduel qui a besoin de jeunes gens dévoués. Les jeunes comme ces anciens bandits peuvent être une menace à la société, mais si on leur donne les outils, l’éducation et l’encouragement nécessaires, ils peuvent également être un atout pour la société à cause de leur empressement a apprendre, leur habilité à s’adapter aux nouvelles idées, leur optimisme et élasticité face aux dangers. Les conférences telles que celles dont j’ai eu le privilège d’assister à Freetown aident les jeunes à jouer un rôle plus important dans la société. Les jeunes sont les ingrédients de base du développement, non seulement dans le sens général mais aussi dans le sens de la construction des nations qui a fait tant de choses pour les pays du tiers-monde.
-Sallay Bayoh, une réfugié léonaise & membre du REFMAP-
Conakry


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Le REFMAP-Guéckédou
Resoudre des Conflits au Marché

Le 17 mars 2004 des femmes commerçants de la Guinée sont revenues d'un voyage à Monrovia pour acheter des marchandises. Le voyage, qui devait être une source de revenue, a plutôt été une source de conflit. Les femmes se sont plaintes à la Commune urbaine de Guéckédou (la mairie) ainsi qu’à l'antenne du REFMAP de Guéckédou, qu'elles ont été victimes d’exactions à Monrovia. Pendant qu'elles étaient au marché, des agents de la securité leur ont reclamé à chacune 1.000 dollars libériens (environs 30 dollars US, ou 100.000 FG) après avoir présentées tous leurs documents d'identification.

Selon les explications de l'Ambassade de la Guinée à Monrovia, la cause de ce paiement est pour tous commerçants étrangers qui viendrait faire des achats sur le sol libérien et pour la protection en cas de difficultés.

Entretemps, le 24 mars 2004 trois femmes léonaises qui avaient quittés Koindou en Sierra Léone pour faire des achats au marché de Guéckédou. Là-bas, quelques agents de la securité guinéenne leur ont réclamé 10.000 FG chacune pour n'avoir pas présenté les tickets d'împot de la Guinée et leurs cartes d'identité. Le Secrétaire permanent de l’antenne du REFMAP avait trouvé ces femmes se lamentant à la gare routière de Guéckédou. Elles promettaient d’informer leurs agents d'attendre toutes les femmes guinéennes qui iront faire des achats chez elles, de leur soustraire la même somme, même si elles présentaient des papiers d'identification.

Actuellement, par rapport à ces deux évènements, l'antenne de la préfecture de Guéckédou est en train de sensibiliser des femmes commerçantes de se défaire de cette tension de règlement de compte tant contre leurs homologues libériennes que celles léonaises. La coordination nationale du REFMAP également a organisé une série des formations trans-frontalières sur les droits légaux des femmes ainsi que la résolution des conflits pour essayer de prévenir de tels évènements et aussi équiper des femmes d'informations dont elles ont besoin pour se défendre dans tels situations.
--Mariame Bayo Kamano, et REFMAP-Guéckédou,
et April Thompson, REFMAP-Conakry

VIOL SUR LA VIE
Ho Dieu, pourquoi je suis violé pourtant je veux aussi vivre. Est-ce que parce que je suis enfant, parce que je n’ai pas la même taille que les grands, parce que je ne suis pas fort, ou parce que je ne peux pas me défendre?

Ma vie est violée, mon esprit, mon coeur, ma chair, peut-être sauf mon âme qui peut se reposer chez Dieu! Ho Dieu!

Et pourtant j’ai aussi mes droits. Droit de protection, droit d’aller à l’école. droit de liberté d’expression, droit de vivre en société et en paix. Je suis innocent dans vos conflits de guerre. Je ne dois pas aller sur les champs de bataille, ho Dieu!

Je suis innocent.

--Groupe Scolaire Tout pousse de Boiro Lola RG Philippe Doualamou




 

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