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VOIX DE LA PAIX
Le journal en-ligne du REFMAP: Les histoires, les témoignages, la poésie, et l’art du terrain

 




LES VIES INTERROMPUES :

Les ex-volontaires guinéens, peuvent-t-ils les reprendre?

L’impact d’un conflit se sent longtemps après le fusil ait été rangé, comme plusieurs des ex-volontaires guinéennes peuvent l’attester. Quand des rebelles ont ravagé des communautés le long des frontières guinéennes en 2000, des centaines de milliers de guinéens se levèrent pour défendre leur pays. Ce faisant, plusieurs de ces volontaires – souvent des jeunes hommes mais aussi des femmes et des vieux – ont abandonné leurs études ou ateliers d’apprentissages. Quatre ans plus tard, plusieurs parmi eux font face aux difficultés considérables à reconstruire leurs existences.

Bien que quelques anciens volontaires aient retrouvé leur chemin dans les carriers militaires ou professionnels, des autres, manquant d’éducation ou de formation, demeurent sans emploi et sans les moyens de pourvoir aux besoins de leurs familles. D’ailleurs, certains ont pris le chemin des drogues, des vols, ou de l’agression des citoyens avec les armes fournies pendant leur service militaire. Un petit nombre continue à exercer le service militaire sans rénumération pour leur travail.

À Nzérékoré, par exemple, un groupe d’anciens volontaires frustrés ont pris la ville en otage pour attirer l’attention sur leur situation et demander de l’aide. L’évènement souligne le besoin pour les programmes proactifs ciblant cette population, au lieu d’attendre que les tensions et les frustrations parviennent à l’ébullition parmi ces jeunes mécontents.

Le Réseau a fait des recherches sur ces anciens volontaires pour déterminer leur situation socio-économique actuelle, collecter de l’information sur les autres ex-combattants et les jeunes délinquants. La prochaine étape sera l’établissement d’un projet de réinsertion socio-économique.

Le projet que le Réseau planifie de mettre en œuvre donnera la formation dans des filières comme l’agriculture et l’artisanat ainsi que des cours en développement des petites et moyennes entreprises et la résolution des conflits. Le projet fournira également l’assistance pendant la phase de réinsertion.

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______Des membres de l'union des volontaires à Gueckédou avec
______des membres de l'équipe d'évaluation du REFMAP

« GAGNER ASSEZ SANS VOLER » :
L’histoire d’un ancien volontaire

« Je faisais le commerce le long de la frontière à Maferinya à Forecariah quand les attaques rebelles ont commencé. Je vendais de la fliperie. J’achetais le riz et l’huile pour revendre. Mon affaire était rentable. J’ai acheté de la terre chez moi, vers Dubréka, pour cultiver des arachides, et j’ai utilisé les bénéfices pour commencer le commerce. Avec ma petite affaire, je pouvais réinvestir dans la terre.

J’avais 21 ans quand ils m’ont pris comme volontaire. C’est mon pays qui a été attaque et je devais défendre mon peuple. Ils nous ont donne des coupe-coupe, des gourdins, et des fusils à chasse. Nous étions des éclaireurs. Ils nous ont mis devant pendant les patrouilles de nuit. C’était la souffrance. Quand nous étions en brousse, nous devions trouver de quoi manger nous-mêmes.

Il y avait des filles qui se confiaient à nous quand les attaques commençaient. J’habitais avec une femme qui m’a prié de la sauver de la guerre. Je restais dans le volontariat jusqu’au moment où ma femme a accouché de notre premier enfant, en 2001. Puis j’étais obligé de quitter le service militaire pour chercher un autre moyen de prendre soin de la famille.

Pour commencer une affaire, il faut de l’argent, et je n’en avais plus. J’ai commencé à cultiver la terre avant la guerre avec un crédit, mais après, je n’étais plus crédible. Ma mère est morte et mon père est vieux, sans ressources lui-même. J’ai abandonné l’école en sixième année.
J’étais obligé de voler. J’ai volé six thermos d’un commerçant pour commencer à vendre le café dans les rues. J’ai revendu trois pour les matériaux et j’ai gardé les autres pour faire le café.

Je dois voler toujours. Quelques jours je vends assez pour la famille, mais sinon, je dois voler de la nourriture et des médicaments pour nos trois enfants.
Je suis toujours en contact avec mes frères qui étaient volontaires. Certains étaient recrutés par l’armée, mais la plupart des autres, ils ne font rien.

Tout mon espoir est d’avoir le travail ou je peux gagner assez sans voler. Je voudrais être un camionneur. Apprendre, c’est facile, mais pour trouver de travail, c’est pas facile. Je serais aussi très content de faire l’agriculture encore. »
--Ancien volontaire Mohammed Alias Keita, Conakry


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L'HISTOIRE D'UN SURVIVANT :
« La mort ne demande pas l’âge »
Je suis âgée de 89 ans. Je suis une des victimes des déportées par les rebelles au Liberia et en Sierra Léone pendant les attaques de 2001 à Gueckédou. J’étais logée à Lorondonin, un secteur du quartier Kango situé à quelque trois kilomètres de la rivière Makoua qui fait frontière entre la Guinée et le Liberia.

Je me rappelle bien que cela m’étais arrivé pendant l’attaque du samedi 13 janvier 2001 quand tous mes enfants par peur avaient fui quand les balles pleuvaient sur la ville de Gueckédou. Ne pouvaient rester que les personnes de mon age, les handicapés graves, les malades à l’état d’agonies couchées dans les maisons parce qu’on ne parlait plus d’hôpital en ces temps.

C’est par fois difficile de raconter ce que j’ai vu et vécu pendant mes heures de déportations dans les pays frontaliers à la Guinée.

Deux jeunes rebelles armés, tous âgés à peu près de 20 ans, m’a découvert dans ma maison seule. L’un d’entre eux m’avait demandé de tenir les rapports sexuels avec lui, mais son ami l’a interdit en lui demandant de m’amener avec eux. C’est le début de mon calvaire.

Pendant ce malheureux parcourt, de voir les gens tuer à nos yeux était venu une habitude pour nous. Nous étions une cinquantaine, tous pris en Guinée (Gueckédou). L’itinéraire suivi a été le suivant: Gueckédou à Lorombah au Liberia, puis à Foya au Liberia, où on a fait deux mois en brousse. (Chaque fois que l’armée guinéenne venait attaquer les rebelles, ils nous faisaient entrer en brousse parfois pour une ou deux semaines.) Ici beaucoup de déportés trouvaient la mort. Après tous les combats, des corps étaient là en décomposition et personne n’était là pour les enterrer ou les ramasser.

Ensuite ils nous ont pris pour continuer à Bouédou en Sierra Leone ou on a fait aussi trois mois. La aussi nous avions été chassé par les obus envoyés par l’armée guinéenne, chose qui nous a conduit à Séfadou, toujours en Sierra Léone.
Là nous avons été pris pour nous amener à Freetown, la capitale léonaise, dans un véhicule de l’IRC. A Freetown, nous avions été embarqués dans un bateau à destination de Conakry. Finalement, j’ai été embarquée dans un véhicule du HCR, destination de Gueckédou.

Ce qui m’est arrivé pendant cette traversée de ma Gueckédou natale en passant par le Liberia pour Bouédou – Konoh avant d’arriver en Freetown est très difficile à raconter. Je ne pensais pas durant toute ma vie si un jeune de 20 ans m’avait demandé de tenir des rapports sexuels avec lui. Je ne pensais pas si je pourrais marcher plus de 300 kilomètres à pied. Je ne pensais pas si on avait tué sauvagement à mes yeux un être humain. Je ne pensais pas si un être humain avait mangé son prochain à mes yeux. Je ne pensais pas si j’avais puis traversé entre les corps en putréfaction sans êtres inhumés. Je ne pensais pas si je pouvais vivre parmi les consommateurs de la drogue. Je ne pensais pas si je pouvais mener ma vie a l’image des hommes primitifs dans les hangars construits par nous-mêmes toujours en brousse avec les animaux. Il n’y avait presque pas tellement de différences seulement la vie d’un être humain est dans les mains de Dieu.

La mort ne demande pas l’age. C’est le lieu de rappeler que parmi les déportés de mon groupe, j’étais le plus âgée et l’un des rares survivants.
--Sia Millimouno, Guéckédou










 

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