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VOIX DE LA PAIX
Le journal en-ligne du REFMAP: Les histoires, les témoignages, la poésie, et l’art du terrain

 




Les femmes, les conflits et le VIH/SIDA

On dénombre aujourd’hui près de 40 000 000 de personnes dans le monde qui ont été chassées de leur foyer par des situations d’urgence. Elles vivent actuellement dans les camps à l’étranger ou sont déplacées à l’intérieur des pays. Certaines sont dans cette situation depuis plus de 20 ans. Quelle que soit la durée de leur exil, leur existence contient toujours un élément de précarité et d’anormalité. Environ 75% des réfugiés et des personnes déplacées sont des femmes et des enfants (réf. ONUSIDA 1997).

S’agissant des pays du Fleuve Mano, des guerres civiles brutales du début des années 1990 au Libéria et en Sierra Léone, ont provoqué l’exode de plus d’un millions réfugiés en Côte d’Ivoire et en Guinée pendant toute la décennie passée. Outre les réfugiés, on estime à un ou deux millions les personnes ayant été déplacées à l’intérieur de leur pays (réf.ONUSIDA 2002).

Le SIDA est souvent négligé au lendemain d’une catastrophe, parce qu’il semble y avoir des tâches plus importantes à accomplir. Pourtant, c’est justement en ce moment que le SIDA est le plus menaçant, d’où la nécessité de se préoccuper de l’épidémie.

Mobilité et propogation du VIH/SIDA
Une telle mobilité forcée et massive accélère la propagation de l’infection sexuellement transmissible y compris le SIDA particulièrement chez les femmes et les enfants ainsi que les communautés d’accueil, les corps habillés et les forces internationales de maintien de la paix. Les conséquences d’une mobilité de population aussi massive dans le cadre de conflit/post conflits des pays du bassin du fleuve Mano avec des implications pour la Cote d’Ivoire voisine, comprennent entre autres :

n la destruction des réseaux familiaux ou communautaires

n l’aggravation de la pauvreté visible notamment par le nombre croissant des ménages dirigés par les femmes

n
l’adoption de stratégies de survie à risques comprenant la migration, le sexe moyen de survie

n
la consommation ou l’abus de drogue

n
la violence envers les femmes parfois à caractère sexuel généralisé etc.

Tout de suite après la catastrophe le SIDA sera habituellement la dernière chose à laquelle les réfugiés penseront. Les agents de secours travaillant sur le terrain estimeront aussi généralement qu’il y a des tâches plus urgentes dont il convient de s’occuper. Après tout la propagation du VIH/SIDA n’est pas visible immédiatement et peut ne pas apparaître après plusieurs années.

Pourtant il conviendrait de se préoccuper de l’épidémie. Le SIDA est un problème majeur pour de nombreuses populations réfugiées. Dans nombreux cas le SIDA était déjà présent dans la communauté originelle, par exemple au Rwanda en 1994.

Dans ces cas l’instabilité sociale, la pauvreté, et la vulnérabilité accéléreront la propagation du VIH/SIDA.

Les déterminants qui caractérisent la propagation du VIH/SIDA dans les situations d'urgences sont multiples :
n le manque d’approvisionnement en sang sûr pour la transfusion des personnes blessées au cours des combats où la récupération des femmes et des enfants ayant un mauvais état nutritionnel.

n Les contacts sexuels : les populations en fuite compte de nombreux enfants non accompagnées et des femmes seules. Souvent ces enfants et ces femmes courent les plus grands risques. Elles peuvent être obligées à avoir des relations sexuelles ou même être violées. L’exemple de l’Ouganda où les hommes contrôlaient les points d’eau.

n
La prostitution : la nécessité de trouver de quoi manger est dominante dans ces situations. Il n’est donc pas rare d’avoir des relations sexuelles contre de l’argent pour acheter des vivres et d’autres produits de première nécessité. Cette pratique est encore alimentée par le fait que les hommes et les femmes n’ont souvent plus leurs partenaires. La prostitution s’établit à l’intérieur ou autour des camps de réfugiés. Elle implique inévitablement les communautés réfugiées et hôtes.

n La drogue, le brassage des populations, le manque d’accès aux préservatifs et tant d’autres

--Mme. Kalo Assa Camara, membre de la COFEG

 

Mesures à prendre pour réduire
la propagation du HIV

Ce qu’il faudrait éviter au préalable, c’est d’imposer le dépistage obligatoire du VIH/SIDA chez les réfugiés pour éviter d’aggraver leur état de choc. En fait le dépistage obligatoire n’arrêtera pas la propagation de l’infection à VIH/SIDA qui est présente dans la majorité des populations.

Il y a néanmoins différentes manières de parvenir à surmonter les risques relatifs au VIH/SIDA qui menacent ces populations. Ces méthodes incluent ce qu’on appelle un ensemble minimum d’activités pour la prévention et la prise en charge du VIH/SIDA dans une situation d’urgence :

n Garantir un approvisionnement en sang sûr: c’est une mesure vitale à tous les stades d’une situation d’urgence ; le sang destiné aux transfusions doit toujours être soumis à un teste de dépistage du VIH SIDA.

Néanmoins, compte tenu de cette période aiguë et chaotique, il est nécessaire d’employer des procédures d’urgences spéciales.

Aussi on peut organiser de brefs entretiens avec les donneurs afin de déterminer s’ils semblent aptes à donner un sang présentant de bonnes garanties de sécurité.

n Distribution de préservatifs même si les agents de secours se concentrent sur d’autres questions, il est vraiment très important de garantir un approvisionnement suffisant en préservatifs. Les réfugiés originaires sont déjà relativement bien informés des risques d’infection au VIH SIDA liés au comportement sexuel et de l’importance du préservatif.

n L’accès à l’information de base sur le VIH SIDA: L’information sur les risques de VIH est également très importante. et comme les préservatifs, doit être fournie rapidement dans une situation d’urgence.

n Protection physique des réfugiés et les personnes déplacées, en particulier les femmes et les enfants qui sont les plus vulnérables doivent être protégées de la violence et des mauvais traitements.

La protection physique des personnes vulnérables n’est pas seulement un principe des droits de l’homme, c’est aussi une mesure essentielle pour réduire les risques d’infection à VIH/SIDA des réfugiés et de la communauté hôte.

n Plaidoyer et Communication : rassurer la communauté et le pays d’accueil.

Les situations d’urgence ne se déroulent pas dans un vide politique. Pour qu’une opération humanitaire ou de secours se déroule harmonieusement, il faut une bonne communication avec les autorités nationales et locales du pays hôte, si elles existent encore, et particulièrement avec les autorités militaires.
Il est également vital de tenir compte de la communauté hôte lors de la planification des interventions destinées à résoudre les problèmes des réfugiés, notamment celles qui se rapportent au VIH, sans quoi les problèmes ne seront résolus que partiellement et persisteront.

En résumé, nous devons agir rapidement pour protéger les réfugiés de toutes les formes de violence, de mauvais traitements et d’intimidation dès le début d’une situation d’urgence humanitaire.

Souvent les conditions qui règnent lors des crises humanitaires, guerre, insécurité physique violations des droits de l’homme et particulièrement viol, accélèrent la propagation du VIH notamment pour les femmes et les jeunes filles.

La prévention de la transmission du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles doit être un volet essentiel des mesures efficaces de protection des réfugiés et des programmes de santé reproductive.

Bref cet exposé est juste une petite contribution. En effet, ce qui reste à faire dans le cadre du sujet est infiniment plus grand.

A ce niveau le constat suivant a été fait :
Il n’existe pas à notre connaissance une étude spécifique consacre au thème dont nous venons de vous parler, ceci représente une faiblesse notoire que nous devons corriger.

C’est pourquoi nous lançons un appel aux bonnes volontés pour appuyer la faisabilité d’une étude de ce genre.

Le faire c’est relever un défi majeur qui a consisté jusqu’à présent à diluer la problématique du genre du VIH/SIDA dans la problématique global du SIDA.
-- Mme. Kalo Assa Camara



Plus d'information :

Le VIH/SIDA dans les situations de conflits

Le VIH/SIDA et les conflits armés

Le VIH/SIDA et les crises humanitaires


L'ONUSIDA en Afrique de l'Ouest

Initiative de l'Union du Fleuve Mano sur le VIH/SIDA




__REFMAP et la lutte contre le VIH/SIDA


Le REFMAP participe à la creation du Réseau des Femmes Face au SIDA
Le Réseau des Femmes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA (REFIAGUI) a été lancé lors d’un atelier du 3 au 5 novembre 2004 à Conakry organisé par le Secrétariat exécutif du Comité national de lutte contre le SIDA (CNLS) en collaboration avec l’Union Européenne, l’ONUSIDA et la Fondation Mama Henriette Conté.
(voir article)

Une campagne de sensibilisation mènée à Kissidougou
Une campagne de sensibilisation réalisée les 3, 4, 6 et 7 septembre 2004 dans la commune urbaine a porté sur:
-- L’éducation à la culture de la paix;
-- La lutte contre les violences fait aux femmes et aux enfants, et la prévention contre les IST/VIHA/SIDA.
-- Le centre info et les quartiers de Madina, Timbo et Sogbela ont servi de cadre pour la réalisation de ces activités.
-- L’objectif de cette sensibilisation est de mieux informer les femmes, jeunes enfants et hommes sur les mécanismes de prévention des conflits, des IST/VIH/SIDA et des violences à l’égard des femmes.

Ladite sensibilisation avait ciblé 1.200 personnes, dont 854 femmes et 346 hommes.

Formation de formateurs à Forécariah
L’antenne du REFMAP de Forécariah avait fait une formation des formateurs de ses membres sur la technique de communication des IST/VIH/SIDA tenu à Forécariah dans la Commune Urbaine du 23 au 25 août 2004.

En exécution de son plan d’activité annuelle 2004, l’antenne préfectorale du REFMAP en appui avec l’ONG américaine « CLUSA-Guinée » a organisé du 23 au 25 août 2004, une session de formation des formateurs des membres du réseau élargi aux groupements et aux membres de la société civile en technique de communication en IST/VIH/SIDA.

Trente membres ont participé à cette session de formation dont l’objectif est de :
1) informer et éduquer sur les IST/VIH/SIDA
2) conduire une séance d’animation communautaire sur les IST/VIH/SIDA
3) pouvoir communiquer avec d’autres sur les IST/VIH/SIDA.

La session a débattu plusieurs points dont entre autres :
-- clarification de quelques notions sur les IST/VIH/SIDA
-- les types et les symptômes des IST/VIH/SIDA
-- les voies de transmission et de prévention
-- l’utilisation des préservatifs
-- les moyens à utiliser dans la communication pour la lutte contre les IST/VIH/SIDA
-- les stratégies à utiliser dans les activités de sensibilisation sur les IST/SIDA

L’exposé des différents thèmes a été appuyé par des exercices, des causeries éducatives, la distribution des dépliants, des affiches et posters publicitaires.

L’animation des cours était assurée par les cadres de CLUSA-Guinée.
L’ouverture et la fermeture de la session étaient placées sous la présidence d’honneur de Monsieur le Préfet.

Au terme de la session CLUSA-Guinée, désormais l’un des partenaires de l'antenne du Réseau de
Forécariah, a fait don à l’Antenne d’un important lot de matériels composé de 10 boîtes à image, 8 phallus et 10 boîtes de préservatifs.

 
 


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